Élément Perturbateur

Le blog de Rhany Slimane
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Le vent social qui vient…

Il flotte un air sage et calme depuis un petit moment. Certes, depuis un an, les samedis sont toujours jaunes. Mais de plus en plus, la contestation populaire qui a ébranlé le régime a commencé à être perçue comme une manifestation minoritaire et folklorique entre la résignation de beaucoup, la répression violente de l’appareil sécuritaire, l’entrisme de mouvements radicaux et le travail de sape médiatique des puissances systémiques.

Mais depuis ce week end, l’immolation d’un jeune étudiant devant le CROUS de Lyon a rappelé au corps social des vérités qui se cachent pour pouvoir continuer à vivre sans déprimer.

Les inégalités sociales sont effrayantes, inconcevables mais explicables dans un pays qui n’a jamais était aussi riche. Et c’est parce qu’elles sont aisément explicables que le vent de la colère se lève à nouveau sur notre nation.

Au moment où le pouvoir est entré dans une phase de démolition massive des acquis des travailleurs, la justification que nous offre nos gouvernants est que ce système inique ne fonctionne plus. Nul besoin de lire Piketty, pour les gens de notre condition, pour comprendre que les riches se gavent, et nous empêchent de progresser plus dans l’échelle sociale de manière collective et harmonieuse avec nos semblables, en faisant en sorte que nos parents acquièrent un patrimoine dont nous ne bénéficieront pas, pas plus que nos propres enfants.


Nous sommes enfermés, comme disent les américains, dans la « rat race », à courir en vain pour perdre notre peu d’argent dans du passif sans acquérir quelconque actif.

Le temps qui arrive sera celui de la remise à plat d’un certain nombres de choses. La répartition de la richesse mais surtout de l’effort seront de mise. Nous ne voulons plus trimer comme des damnés pendant que certains sirotent notre sueur dans des verres à cocktails coûtant un mois de salaire.

Il y a quelques temps beaucoup disaient qu’on ne pouvait rien faire contre ça.
Là une autre musique s’entend de plus en plus.
Et si on pouvait changer les choses ? La question c’est comment. Est bien malin celui qui sait cela.

Effondrement monétaire, écologique, politique, géopolitique ?

Un début de réponse optimiste est peut être entrain de naître dans plusieurs villes de France, de nombreuses personnes ont décidé d’investir l’élection la plus accessible, la plus proche des citoyens, l’élection municipale avec une doctrine, le municipalisme.
Loin d’avoir trouvé la solution miracle, de jeunes gens (ou moins) ont décidé de prendre en main le destin de leur Cité et essaient de le partager avec le plus grand nombre en repensant la vie de la Cité. Loin des expériences démocratiques des listes citoyennes, de véritables avalanches politiques risquent de tomber sur un certain nombres de communes françaises.

A Montpellier, l’avalanche locale s’appelle #NousSommes et connaît une nouvelle phase avec la présentation de sa liste des candidats issue d’un processus transparent et horizontal garantie sans tambouilles. Et tous ses membres, à n’en pas douter, voient cette initiative comme le moyen de prendre une institution, la Mairie, pour en faire une forteresse qui protégera les habitants de la tempête sociale qui va s’abattre, en plus d’être la forge de nouveaux concepts de fraternité et de solidarité pour le plus grand nombre.

Dans une ville aussi pauvre et étudiante que Montpellier, où nombre d’entre nous ont connu des difficultés extrêmes lors de leurs études (quand ils ont pu en faire), un évènement comme celui de Lyon a une forte raisonnance. Et c’est avec cynisme que nos politiciens locaux s’en détournent car pour justifier leur abandon des quartiers populaires, ils considèrent que cette population ne vote pas.

Il est temps de faire de la politique pour tous ceux qui ne comptent pas, les travailleurs pauvres, les étudiants, les chômeurs, les retraités, les gens en situation de handicap, et tous ceux qu’on considère comme des poids morts non productifs dans la start up nation. Mais plus qu’une politique pour eux, ce sont les instruments du pouvoir qu’il faut leur rendre, et pas d’autres moyens que de les conquérir avec le plus grand nombre.

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